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Embrasser des espaces infinis

Embrasser des espaces infinis

Commissaire : Marie Maertens
Du 30 septembre au 30 novembre

HiFlow Exposition : Embrasser des espaces infinis
© Gaël Corboz – Hyper Eder

Du paysage, genre éternel et intemporel dans l’histoire de l’art qui englobait aussi les scènes d’histoire, certains artistes ont affiné leur questionnement sur l’écologie, l’environnement, le rôle des cellules ou les changements de la biodiversité. En quoi ces thèmes, qui font partie de notre quotidien, ont-ils une incidence sur leur pratique ? Comment les nouvelles technologies transforment-elles les pensées ? L’écologie peut-elle être politique ? Comment des droits civiques passe-t-on aux droits de la terre ?

Permettant toutes les prospections utopiques, comme des retours en arrière qui témoignent de la condition de l’homme, le thème du paysage aborde la nature, le vivant et le positionnement de chacun face au monde. Dans cette exposition, les différentes générations – une forte place a notamment été octroyée aux anciens étudiants des écoles d’art suisses – avancent dans une réflexion commune. Les outils ont changé et impliquent recherches biologiques ou datas, mappings, usage de drones, attention au micro comme au macro. La documentation va octroyer le sujet du travail. Le réel est une source d’inspiration, même si la peinture abstraite signifie tout autant qu’une vidéo interactive et qu’une céramique peut accompagner l’idée de vulnérabilité des sols. L’activisme n’en est que plus actif et l’examen de données permet d’aborder une autre version du post-colonialisme ou d’afficher la voracité du capitalisme financier. Récemment des auteurs, et donc des plasticiens, ont regardé comment la géologie et la terre subissent également les assauts des hommes de manière impérialiste et analysent ce que sont devenus des sites surexploités puis abandonnés. L’anthropocène ou la technosphère sont loin d’avoir tout dit…

Les résurgences du Land Art, une nouvelle réflexion sur l’Arte Povera ou une relecture des élans romantiques des peintures du XIXème siècle n’empêchent pas de se projeter dans un monde enrichi d’avatars. La fiction et le récit sont réactivés même si, parfois, l’ensemble n’émerge que d’outils numériques. Tout est conçu à partir de rien. A la dichotomie nature versus culture, on ajoutera désormais artificiel versus réel, car les problématiques portent sur la véracité des choses ou leur décontextualisation. Qu’exprime le naturel quand tout est réinterprété par notre mental et que le présent se fait de plus en plus subjectif ? Alors certains artistes étudient de nouvelles formes de conscience. On parle de transmigration ou de matière vivante. On parle d’hallucinations numériques et d’expériences de la nature à l’ère postromantique. L’hybridation s’impose. D’ailleurs, n’est-il pas temps de rompre avec tous ces « post » et de s’immerger dans une toute nouvelle ère ?

A la dégradation répond le renouveau. C’est une décadence que l’on peut aussi choisir de regarder comme source de création. L’on peut décider de danser sur cette terre, peut-être de manière excessive, presque tribale ou folklorique, afin de puiser un vivant enfoui, qui surgira de ses cendres. Ainsi, ces nouveaux mondes se retireront d’une géographie pure pour embrasser des espaces infinis.

Marie Maertens

Artistes exposés :

Ignacio Acosta – Peter Aerschmann – Mina Albespy – Alpine Technosphere HEAD Genève – John Armleder – Aladin Borioli – Cyprien Chabert – Les Frères Chapuisat – Caroline Corbasson – Gaël Corboz – Guillaume Dénervaud – Vidya Gastaldon – Christian Gonzenbach – Yann Gross – Hayoun Kwon – Javier Pérez – Peter Regli – Yves Scherer – Morgane Tschiember – Yarisal & Kublitz

Lust