Art et sciences, espaces de délibération du contemporain ITW KLIMA MAG

Klima donne la parole à des individus conscients, créatifs et singuliers afin de refléter une époque et ses questionnements, tout en révélant la pluridisciplinarité des milieux artistiques, activistes et universitaires.

Rencontre avec ses co-fondatrices, Loucia Carlier et Antonine Scali-Ringwald invitées à partager leurs visions et leurs travaux.

Klima est né en 2018 ? Quelle est genèse de sa création ? Quels étaient vos moteurs ?

Klima est né de la volonté de faire se rencontrer artistes et chercheur.ses autour d’une thématique commune. On trouvait intéressant le fait de créer un véritable dialogue entre plusieurs champs d’études. On assiste en ce moment à une circulation / hybridation entre l’art et les sciences (sociales ou dures), et c’est cette période clé que l’on essaye de raconter au fil de nos numéros. 

Vous souhaitez incarner « un souffle nouveau ». Comment le définiriez-vous ? 

On tend vers des courants de pensée décoloniaux, écolo et féministes. Nous faisons se rencontrer savoirs universitaires, savoirs militants et création artistique. Au fil de ces numéros, nous avons invité les chercheuses et curatrices Donna Haraway, Anna Lowenhaupt Tsing, Alice Carabédian, Vinciane Despret, Susanne Pfeffer, Alexis Pauline Gumbs, Loup, les artistes Kapwani Kiwanga, Dora Budor, Nida Sinnokrot, Jumana Manna, Fernando Palma Rodriguez (entre autres). Amy Hale, Silvia Federici, Ulla Von Brandenburg, Paul Maheke and Laura Gozlan. Ces personnes sont peu relayées en France et en Suisse et c’est en cela que nous aspirons à être un souffle nouveau. 

Comment choisissez-vous vos thèmes et vos contributeurs ?

On fait beaucoup confiance à notre intuition. Loucia et moi (Antonine) avons une sensibilité similaire. Quand un.e artiste ou un.e chercheur.se nous interpèle, nous touche ou nous plaît, nous savons que nous allons le publier. Nous choisissons également nos contributeurices en fonction de la cohérence avec le propos général et nos aspirations militantes ou sensibles. Nous invitons également plusieurs personnes qui font partie du comité éditorial tel que Valentine Etiévant qui est la depuis le debut, et ces personnes nous proposent des interventions. Nous leur faisons confiance. C’est une recherche collective. 

HiFlow questionne nos transitions, quelles sont vos visions ou intuitions sur ces sujets ?

Nous pensons que nous sommes justement en pleine période charnière, c’est une période en transition(s), à tout points de vue. On assiste à un décloisonnement des disciplines mais au niveau de l’écologie par exemple. Notre approche transdisciplinaire questionne cela justement. 

Vous avez conçu l’exposition Zoom Lens Apparatus dans le cadre de ce cycle, pouvez-vous nous parler de votre approche et votre sélection ?

Justement, plusieurs thématiques traversent nos numéros et nous avons souhaité conjuguer des thème récurrents que l’on retrouve à chaque numéro. Les éléments constituants l’exposition (des tirages imprimés : des textes ou des images, tous extraits des numéros précédents) seront classés sur le mur en trois thèmes principaux : le chamanisme et la magie, la technologie comme outil autant émancipateur qu’aliénant et enfin la catastrophe écologique, observée du point de vue de la science-fiction dystopique. Il s’agira de penser la technologie comme le point central de la circulation, tel un noeud au coeur de nos problématiques. Au travers d’une libre circulation dans l’espace, le spectateur aura plusieurs sens de lectures et pourra redécouvrir les thèmes explorés dans les trois numéro de Klima. 

Le futur en un mot ?

Loucia : Stimulant

Antonine : Challenging 

Une envie aujourd’hui ?

Antonine : J’aimerais beaucoup que Klima sorte du format traditionnel de la publication, et c’est pour cela que nous sommes très heureuses de faire cette exposition.  

Loucia : Que Klima grandisse de plus en plus ! 

http://klima-magazine.com