Ouvrir les horizons futurs, imaginer de nouveaux mondes

Vers des Cosmologies Alien
Prospective d’une refondation anthropologique

Installation et futur lab de Raphaële Bidault-Waddington, 
du 14 octobre au 21 décembre 2021, et du lundi au vendredi de 10h à 18h.
HiFlow Genève, Chemin du Champs de Filles, 36A, Plan-les-Ouates.
Contact infos sur les ateliers et les diagrammes en éditions limités : 
contact@hiflow.ch

Recherche artistique et prospective

Pour sa saison Champs des Futur(s), HiFlow invite l’artiste et prospectiviste Raphaële Bidault-Waddington à exposer une vaste installation dense et immersive, qui peut être visitée pour le plaisir d’une pure pérégrination esthétique, mais qui peut aussi devenir performative à l’occasion d’ateliers.   Lors de ces séances de recherche prospective et collaborative, le participant s’engage alors dans une autre qualité d’attention, découvre les arcanes de l’installation et du futurscapequ’elle dessine, et entre dans le processus du futur lab qu’elle met en scène.

« Vers des Cosmologies Alien, prospective d’une refondation anthropologique » se situe à la pointe des expérimentations du LIID Future Lab – plateforme de recherche développée par RBW depuis 2000 – à cet endroit même où l’art peut contribuer à l’avancée d’une recherche prospective d’avant-garde.  

L’installation fait suite à une série de publications, conférences et ateliers sur les cosmologies alien réalisés par l’artiste, en France, Allemagne, USA et Suisse depuis 2017 (voir ci-dessous) et à bien d’autres travaux antérieurs sur des thèmes tels que le futur des villes, des transitions, de la globalisation, de l’économie, des technologies, de l’identité, etc.

Ouvrir les horizons futurs, imaginer de nouveaux mondes

A l’heure de l’Anthropocène, de l’IA et de la post-vérité qui secouent tous nos usages comme nos fondements anthropologiques (science, ancrage terrestre, humanisme anthropocentrique, etc.), il devient nécessaire de se forger de nouvelles visions du monde et de l’avenir, ce que les anthropologues appellent des cosmologies. Dans ces nouveaux univers qu’ils restent à imaginer, l’alien est autant l’humain qui doit redéfinir ses modes de vie et d’existence, l’IA dont les boîtes noires nous échappent, le non-humain, les virus et les espèces hybrides façonnées par la bio-ingénierie, et plus généralement l’inconnu et le futur. 

Comme RBW l’évoquait dans sa conférence lors de l’inauguration de HiFlow en 2020, le changement de paradigme actuel nous demande de reconstruire une relation vivante et plurielle avec le futur, pour ne céder ni aux visions apocalyptiques ni aux fausses promesses technologiques disneyifées.  Ce que RBW appelle les cosmologies alien, ce sont ces mondes futurs à réinventer individuellement et collectivement, en ouvrant et libérant l’horizon futur, et en le jalonnant de repères multi-dimensionnels (notions de topologie prospective et de futurescape).  Malgré la diversité, le spectre et la complexité des champs des futurs à explorer, le futur appartient à tout le monde et l’exposition est une invitation à y plonger.

Ambiance immersive et inspirante

Bien qu’ouverte de toutes parts, l’installation, avec son effet de saturation débordante et son éclairage singulier, forme une sorte d’antre immersive, de « bulle poético-spéculative » (nom d’une autre installation iconique du travail de RBW), dans laquelle le spectateur est invité à laisser flotter son regard sur les centaines d’éléments mis en scène : images issues du web évoquant le futur, documents d’analyse et bribes de récit, concepts prospectifs et diagrammes conceptuels un brin énigmatiques (conçus par l’artiste et édités en série limitée – contacter l’équipe de HiFlow pour en savoir plus).  Cartographiés sur les cinq murs flottants, ces éléments forment une topologie panoramique, un monde, non sans rappeler l’esthétique et l’ambition de l’Atlas Mnémosyne de Aby Warburg qui dessinait un panorama de l’histoire humaine en une encyclopédie d’images.  Mais la manière dont les éléments sont disposés et son caractère très low-tech (l’installation est ainsi 100% recyclable), laissent également penser à un travail en cours, un chantier, comme si l’on visitait un laboratoire où venait d’avoir lieu une bouillonnante séance de brainstorming… peut-être dans un think-tank de prospective, ces instituts toujours un peu mystérieux et qui travaillent souvent de manière assez artisanale… à moins qu’il ne s’agisse du cerveau de l’artiste qui nous livre son paysage mental …

Dispositif heuristique spatialisé et modèle de machine prédictive

En arrière-plan de l’expérience sensorielle, l’installation poursuit les recherches de RBW et du LIID sur les formes et la production de connaissance (heuristique) par l’art.  Portée par cinq parois disjointes, l’installation reprend la figure du polygone ouvert chère à l’artiste, et par laquelle elle spatialise et croise différentes perspectives formant ainsi une topologie à 360° des enjeux prospectifs à adresser – voir son projet Polygon exposé en 2010 à la galerie Apex à New York puis reformulé de manière fictionnelle dans son livre « Paris Ars Universalis, scénario-fiction d’un futur Grand Paris »(éditions L’Harmattan, 2017), ou encore son projet Sémiospace mené à Zurich et Genève en 2014-16.

Sur chaque mur est déroulé un feed d’information pouvant être enrichi sans fin, et mettant en lumière des tendances et des indices du futur, ce que les prospectivistes appellent des « signaux faibles », sans que l’on sache exactement ce qui les définit. A mi-chemin entre innovation prospective et questionnement sur ses développements technologiques actuels, l’installation modélise à échelle humaine l’architecture d’un algorithme prédictif qui détecterait ces signaux et formulerait des visions ou scénarios futurs à partir du big data.  

De part et d’autre des feeds de couleur, les matériaux de recherche et diagrammes viennent soutenir (ou programmer ?) cette analyse spéculative mobilisant autant la raison que l’imagination.  Tout en restant résolument composite, chaque mur adresse une échelle de réflexion permettant une vision en écosystème, une multiplicité de point d’entrée et une diversité de raisonnement prospectifs. Les matériaux sont issus des recherches prospectives les plus avancées et sont explicités lors des ateliers.

En plus de sa dimension contemplative, l’installation peut donc également servir à se former à l’art du futur, à imaginer des scénarios et stratégies futurs pour des organisations publiques ou privées, à écrire le scénario d’un film, à concevoir un projet, un jeu vidéo, et bien d’autres choses…

Le cheminement cognitif ouvert et exploratoire vers des cosmologies alien développé par RBW fait écho aux réflexions sur les nouvelles philosophies post-humanistes (Ferrando), fictions hors-science (Meillassoux), littératie des futurs (Miller) et techniques de future design et de world-building (Zaidi) qui renouvellent actuellement l’art de la prospective.

Publications associées au futur lab Vers des Cosmologies Alien :
– Toward Alien Cosmologies, AI and the Human Frontier, Muzeum Susch Review #1, Suisse, 2020.
– Vers des Cosmologies Alien, topologie prospective d’une refondation anthropologique, revue FuturHedbo Anthologies Prospectives #4, France, 2020. 
– Designing Post-Human Future, in Carrillo, J, and Koch, G. (edrs), Knowledge For The Anthropocene, Edward Elgar Publishing, USA, 2021.

Bio
Artiste et auteure au parcours atypique, Raphaële Bidault-Waddington voit l’art comme un vaste laboratoire de recherche formel, conceptuel et expérientiel du monde, ce qui l’a amené à développer une pratique hybride et protéiforme dans et en dehors de la sphère de l’art, notamment sur le terrain de la prospective. Son travail inclut une exploration de fond sur les images, les imaginaires et les formes de la connaissance, donnant lieu à des installations, des photo-montages, de diagrammes, des textes et des conférences.   

Si sa visibilité artistique reste discrète, sa plateforme de recherche prospective LIID Future Lab (www.liid.fr) expérimentent depuis 2000 de nombreuses collaborations à la croisée des sphères urbaines, économiques et académiques.  LIID conçoit des futurs labs pour explorer le futur que ce soit de sa propre initiative (comme sa R&D sur les cosmologies alien), ou pour des entreprises, des villes, des universités, des think-tank et des lieux culturels en France et de nombreux pays. 

Quelques références : Institut des Hautes Etudes en Science Technologies, Paris ; Grand Paris  / Ville de Paris ; Urban Lab UCL, Londres ; Aalto University, Helsinki ; Tong Ji University, Shanghai ; Etisalat Academy Dubai ; Ville de Montévidéo (Uruguay) ; Fondation LUMA, Arles ; Parc de la Villette, Paris ; Groupe Galerie Lafayette ; Bouygue Immobilier et Bouygue Construction ; Peclers Future Trends, Paris ; Insitute For The Future, Palo Aalto ; GDI Future Think-tank, Zurich ; etc.

RBW est membre du New Club of Paris, un réseau d’experts internationaux en économie de l’immatériel et politique d’innovation, et du Global Foresight Network de l’Unesco.

Voir toutes ses productions artistiques et expositions sur www.rbidaultwaddington.net

Et toutes ses conférences, publications et futur labs proposés aux organisations sur www.liid.fr