Matière et environnement : accepter la complexité du vivant pour en finir avec une notion manichéenne des éco-matériaux

#Environnement #matière #vivant #écomatière

Y’a-t’il des « bons » ou « mauvais » matériaux ? 
Doit-on avoir une lecture simpliste et classifier les matériaux selon cette dualité ? La réalité semble plus complexe que cela….

Nous vivons une véritable révolution qui se traduit par une transformation de nos modes de vie et de nos manières de consommer. Il s’agit aujourd’hui de dessiner un monde durable et responsable, mais pour autant, devons-nous tout réinventer ?
Le constat est indéniable : l’être humain ne peut pas produire sans polluer. Toutefois, l’impact des productions est plus que jamais au cœur des réflexions. 
L’enjeu est de créer et de construire tout en générant un impact positif. Naturellement, se pose la question essentielle du choix des matériaux. 
La sélection des matériaux devient centrale et prédominante dans les processus de conception des produits et/ou des projets de construction. 
La logique pousserait instinctivement à privilégier les éco-matériaux, mais, paradoxalement, cette approche ne s’avère pas toujours la plus pertinente. En effet, l’éco-conception doit se penser dans sa globalité. Il est nécessaire de prendre de la hauteur afin de définir clairement la finalité du projet avant même d’imaginer sa construction à partir de matières dites écologiques.

Ainsi, l’éthylène tétrafluoroéthylène, plus couramment connu sous son abréviation ETFE, un fluoropolymère thermoplastique issu du pétrole, illustre parfaitement la complexité du système de catégorisation des matériaux : sa fabrication est polluante et il est très difficilement recyclable lorsqu’utilisé dans le packaging par exemple. A priori, un candidat de choix pour la catégorie des « mauvais » matériaux. Pourtant, il a été judicieusement choisi par les ingénieurs et spécialistes environnementaux pour la construction du bâtiment qui a abrité la piscine olympique de Pékin. L’EFTE a été considéré comme la meilleure solution pour différentes raisons telles que le fait que ce soit un plastique résistant sur le long terme, qui demande peu de matière première pour sa fabrication, et qui laisse passer la lumière naturelle (ce qui dans ce cas précis génère des économies d’énergie par ailleurs). Alors, l’EFTE, bon ou mauvais matériau ?

Cette vision manichéenne des choses ne saurait se suffire, et il convient de retenir qu’un matériau peut se révéler être un véritable fiasco dans un secteur et devenir la quintessence de l’éco-conception dans un autre. 

Une appréhension globale (conception, design, fonctionnalité, usage…) du projet ou produit à développer devrait être privilégiée pour garantir l’impact final souhaité. Le matériau est une clé d’entrée, mais pas une fin en soi. La plateforme materiO’ répertorie plus de 10’000 matériaux inédits et extraordinaires, un outil inspirant au service de tout type de professionnels qui souhaitent développer des produits innovants.